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À Toamasina, après le cyclone GEZANI : quand les étudiants ont retrouvé le chemin des études grâce au numérique

Le cyclone GEZANI a laissé derrière lui bien plus que des bâtiments endommagés. À l’Université Barikadimy, à Toamasina, c’est tout un quotidien académique qui s’est brutalement interrompu.

Les salles de cours sont devenues inutilisables, les infrastructures fortement détruites, et surtout, les étudiants se sont retrouvés sans ce qui leur permettait encore de poursuivre leurs études : l’électricité, la connexion internet et les espaces d’apprentissage.

« Après le cyclone, tout s’est arrêté d’un coup. », confient plusieurs étudiants. « Même venir à l’université ne suffisait plus, il n’y avait plus rien pour travailler. » Ce constat revient dans la plupart des témoignages recueillis auprès des étudiants rencontrés sur le campus.

Dans ce contexte de rupture totale, la continuité des études est devenue un défi majeur. C’est pour répondre à cette urgence que le Projet DECIM, mis en œuvre par le Ministère du Développement Numérique, des Postes et des Télécommunications et le Ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures, avec l’appui du Groupe de la Banque mondiale, a mobilisé le Fonds DECIM afin de remettre en place les conditions minimales d’apprentissage.

Reconnecter les étudiants, là où tout s’était arrêté

En quelques semaines, des hubs numériques solaires ont commencé à émerger dans l’enceinte de l’Université de Toamasina. Pensés comme des espaces de survie académique, ils offrent aujourd’hui ce qui avait disparu après le cyclone : de la lumière, de l’électricité et surtout une connexion internet stable.

Ces espaces ont été conçus pour permettre aux étudiants d’étudier, de faire des recherches, de charger leurs téléphones et autres appareils électroniques gratuitement dans un environnement sécurisé et connecté.

« Aujourd’hui, je peux enfin étudier dans de bonnes conditions grâce à ces hubs, et cela gratuitement sans avoir à chercher un cybercafé ni à payer pour recharger mon téléphone. Juste après le cyclone, toute la ville de Toamasina était privée d’électricité. Pour recharger nos téléphones, nous devions payer jusqu’à 2 000 ariary », témoigne Tody, étudiant en Mathématiques et Informatique appliquée.

Un soutien concret pour tenir dans la durée

Au-delà des infrastructures, une réponse matérielle a été déployée pour éviter une rupture totale de l’enseignement :

  • 250 ordinateurs portables ont été donnés gratuitement pour renforcer les hubs numériques avec des points de recharges d’appareils électroniques,
  • 3 315 smartphones distribués gratuitement pour les étudiants pré identifiés par l’Université ainsi que pour les enseignants et les personnels administratifs et techniques,
  • 3 315 kits solaires pour garantir une autonomie énergétique minimale.

« Le cyclone a ravagé notre maison. Les inondations ont emporté toutes nos affaires, y compris nos cahiers et nos livres d’études. Nous sommes loin de nos parents, qui vivent dans la région de  Vakinankaratra, et il était difficile de les contacter car nous n’avions pas les moyens de les recharger à chaque fois. Le soir, nous n’avions qu’une petite lampe torche pour nous éclairer et essayer d’étudier », racontent Valimbavaka et Michael, étudiants en filière Malagasy. « Recevoir un smartphone et un kit solaire a changé notre quotidien. Nous pouvons désormais recharger nos téléphones et étudier le soir, alors que l’électricité n’est toujours pas rétablie dans notre quartier (09 avril 2026). » ajoutent-ils.

Quand l’urgence devient une solution durable

Peu à peu, les cours reprennent, les échanges pédagogiques redémarrent, et de nouvelles habitudes d’apprentissage émergent.

Les quatre premiers hubs déjà installés ont montré leur utilité immédiate, et six autres seront en cours de déploiement afin d’étendre cette solution à davantage d’étudiants de l’Université.

À travers cette intervention, le Fonds DECIM ne se limite pas à répondre à une crise. Il contribue à rétablir un droit fondamental dans un contexte fragile : celui de continuer à apprendre, même après un choc climatique majeur.